Because Paléo, Belongs to Girls

lundi, juillet 27, 2015 2 No tags Permalink 2

Certaines personnes planifient leur vie des jours, des semaines et parfois des mois à l’avance. Ils sauront vous dire à quel endroit ils seront dans 10 semaines, comment ils s’y rendront et même le numéro de leur place de train. D’autres ne peuvent ne serait que décider du programme de leur prochain week-end. Je fais partie de la deuxième catégorie ^^. Planifier à l’avance me donne de l’urticaire même si cela m’a déjà joué des tours.

C’est ce qui m’a conduit à ne pas prendre de billets pour Paléo Festival (ça et le fait que le plus grand festival open air de Suisse voit ses billets sold-out tout juste quelques heures après l’ouverture des guichets). Si j’avais pris la décision d’acheter les billets plusieurs mois à l’avance, j’aurai pris des billets pour le Jeudi afin de voir le rappeur sénégalais  Faada Freddy et peut être Johny Halliday ^^.

C’est donc tout à fait par hasard et grâce à une super copine que j’ai eu droit à la dernière minute, à mon tout premier Paléo Festival. Au programme de ce samedi : retour vers les seventies (avec Pattie Smith, Joan Baez et Robert Plant), rap avec Soprano (que nous n’avons pas eu la chance de voir) et folk avec Charlie Winston et bien d’autres. Cette première soirée a été pour moi un mélange de surprise et de découverte.

Miss Patti, côté surprise

Côte surprise : nous avons commencé par un concert de Patti Smith. Pour ceux qui ne la connaissent pas, Patti est une rockeuse, poète, peintre et photographe américaine de presque 70 ans. Je ne la connaissais presque que de nom, avant de venir fouler Paléo. Je dis presque car sa chanson “Because the night” figure sur l’une de mes playlists spotify et je l’adore… mais rien de plus. Alors, vu son âge, vous l’imaginez peut être comme une grand-mère aux cheveux blancs sur scène.

Pas du tout : oui Patti à les cheveux blancs, et les rides sur son visage  prouvent qu’elle a été marquée par la vie. Mais la comparaison avec la grand-mère s’arrête là. Elle arrive sur scène, la silhouette très masculine, encore mince et élancée, les cheveux blancs et longs, habillée d’un jean noir, de bottes noires, d’une veste coupe homme noire par-dessus t-shirt blanc. Ses cheveux détachés volent au vent et avec un sourire éclatant elle prend le micro et donne le ton dès la première chanson. Une rockeuse dans toute sa puissance.

Je ne peux pas dire qu’elle n’a rien perdu vu que c’était la première fois que je la voyais en concert. Mais Waouuuh!  Quelle claque ! Sa voix à la fois claire et puissante est montée haut sur cette plaine de l’Asse. Son groupe était au poil et le son est pur et énergisant. L’énergie, la pêche et la générosité de cette rockeuse nous ont tous entraînés. Un moment, sur une chanson elle déclame des poèmes engagés sur la paix, avec fougue l’air énervé contre tout le monde, l’instant d’après son sourire réapparait. Son langage vulgaire, vient rajouter un peu de peps et me fait piquer des fous rires (lorsqu’elle a traité le public de “motherfuckers” au détour d’une chanson). Ce qui se voyait par-dessus tout c’est le plaisir qu’elle avait d’être sur scène. De la chanson Gloria, à People Have the power en passant par Talking ’bout my generation » et même la chanson Elegie en hommage à ses amis morts … Elle souriait tout le long du concert, un sourire humble, bienveillant. Peut-être qu’elle a, comme beaucoup d’artistes de sa génération, traversé le désert, souffert de la perte d’êtres chers mais le feu du rock brûle toujours en elle. Je ne savais pas grand-chose d’elle, mais j’ai vu une femme libre et heureuse de faire ce qu’elle aimait tout simplement. Ses yeux, son sourire et son corps vibrant semblaient résonner en cœur : je m’en fous d’avoir presque 70 ans, je m’en fous que beaucoup de gens dans ce public ne connaissent aucune de mes chansons je m’en fous d’avoir souffert dans le passé. Je suis ici maintenant, je chante le premier album de mon groupe enregistré il y a 40 ans, au 40ème Paléo et je m’éclate! C’était une belle leçon de vie.

Cela dit, à la fin du concert elle est complètement partie ‘’ en live’’. Elle est partie sur des solos à la guitare électrique en hurlant et nous exhortant d’être libre,  sans peur et heureux. Certains disent qu’elle a cassé sa guitare sur la scène. BE HAPPY hurla t-elle au micro en guise d’Adieu au public.
Ci dessous la vidéo people have the power, chantée lors du concert, ci dessus c’est la même chanson mais il y’a presque 30 ans 😉

                                                                                                                                                                                                                                                                                               Ensuite le temps d’aller satisfaire quelques besoins (manger, boire, toilettes) nous sommes allés écouter Robert Plant qui, j’imagine, était The star de la soirée (vu qu’il était programmé le samedi sur la grande scène). Quand il est arrivé avec ses beaux cheveux blonds et longs volant au vent, il m’a fait penser à une version jeune de Odin, le père de Thor.  Cela dit, j’ai beaucoup moins accrochée à son passage. Son projet musical est intéressant et rythmé. Mais la partie vocale m’a beaucoup moins convaincue. Il y’a eu des passages intéressants de mix avec de la musique africaine, notamment avec l’artiste gambien Juldeh Camara, virtuose du riti.

Mais le public de Paléo n’a pas vraiment joué le jeu de la danse et de la fête sur ce mix de sons. Les gens étaient plus attentifs que réellement entraînés par la musique. Ce qui était quand même dommage pour un festival.

Qu’à cela ne tienne, à la fin du concert, nous avons fait un détour au ‘’ quartier latin’’ au début pour acheter une bonne gaufre sucrée en guise de dessert (après le petit sandwich à la fondue pris en début de soirée mmmmmmhh).

Miss Coely, côté découverte

Au fond de l’espace quartier latin, se trouve un grand chapiteau et en dessous de ce chapiteau la scène du détour. Depuis le stand on pouvait voir et entendre que le public était en feu et en résonance avec l’artiste sur scène. On s’approche, pour découvrir une jeune rappeuse noire, pleine de verve qui saute sur la scène interpellant le public. Ni une ni deux on se joint à la fête, on saute et hurle avec la foule. Habillée en jegging, baskets montantes, t-shirt et chemise par-dessus, Coély semble s’éclater sur scène. Son flow est tantôt ralenti, tantôt accéléré. Avec une parfaite maîtrise, sa voix monte, et redescend, elle  enchaîne et lâche les mots avec beaucoup de rapidité, sans jamais perdre le rythme. Sa musique est un mélange de hip hop et de refrains plutôt Blues. Vers la fin du concert le public, galvanisé scande  “Coely! Coely! Coely!” Elle entame “drop it like it’s hot” de Snoop façon beatbox et au public de chanter le refrain pour elle (Snoooooooooop!). Miss Coely est rappelé par deux fois par son public, (One more Song! One more Song!) Eh oui ! Quand c’est bon on en redemande ! Elle revient une dernière fois enflammer  avant de tomber le rideau malgré des nouveaux rappels des fans assoiffés d’énergie de bonnes vibes. En 30 minutes, elle nous a réchauffé littéralement, car une nuit fraîche est tombée depuis longtemps sur la plaine venteuse de l’asse.

Je vous conseille vivement cette vidéo de son concert  live à Paléo sur arté concert.

Un dernier petit passage à minuit pour apercevoir Charlie Winston jouer “like a hobo” et nous voilà repartis de Paléo.

Sur le retour, résonne en moi le beats et les vibes de la jeune Coely (21 ans, artiste belge très prometteuse ayant déjà fait les premières parties de Snoop Dogg et la tournée des festivals en 2014, merci wiki 😉 ). J’ai dans la tête l’exhortation de Patti: Be happy! Be fearless!

Yes! Because  Paléo belongs to girls!!!

Si vous êtes amateur de bon son en live, faites un petit tour sur le site de Arté Concerts, c’est une mine d’or.

Le dernier clip de Coely, My tomorrow péché sur Youtube

2 Comments
  • Jerome
    septembre 6, 2015

    Et bien on dirait que tu as passé un bon moment là bas. En tout cas tu transcrits bien çe que la musique t’as fait ressentir. Merci pour la découverte de Coely, le clip donne envie d’écouter l’album :)

    • Fatou
      septembre 6, 2015

      Merci Jerôme pour ton commentaire, c’est effectivement ce que j’ai essayé de faire à travers cet article : partager et faire découvrir 😉

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